Prise d’otages : des mères assignées à résidence

Prise d’otages : des mères assignées à résidence

Avant d’entrer sur le ring, je souhaite préciser que ce papier ne se veut ni sexiste ni anti-papa. Il est le fruit de mon expérience et de mes consultations en médiation,  je n’ai reçu que des mamans sur cette problématique. Il est aussi une réalité judiciaire, 83% des enfants vivent avec leur mère.

Autre précision, j’ai pris le parti de ne pas évoquer la souffrance des enfants, premières victimes et moteur évident de ce combat. J’ai fait le choix, pour une fois, de mettre en lumière les parents « gardiens ».

 

Aujourd’hui, de l’utopie j’ai basculé vers l’indignation.

Indignée par une loi mal faite avec un effet pervers inattendu, une volonté de protection qui finalement enferme, un droit à tiroirs, un qui perd gagne…

Le sujet ?

Le DVH : le Droit de Visite et d’Hébergement. Statistiquement, 50% d’entres-vous savent très bien à quoi je fais référence…

A quoi sert-il ?

A définir les conditions d’accueil des enfants, chez Papa et chez Maman, dans l’intérêt suprême des enfants (modalités de résidence, pension…)

Petit aparté là aussi, dans 83%  des cas (source Insee 2012), les parents obtiennent le DVH qu’ils ont demandé. Je reformule de manière très appuyée, si les femmes ont la garde des enfants, c’est aussi à la demande des pères.

 

Cas A : je m’entends avec mon ex (quelle chance)…

Il était une fois, dans un monde magique, où le couple, après divorce, se transforme en couple parental.  Le DVH permet une organisation idéale, rassurante pour les membres de la famille et gage d’un futur épanouissant. Dans cette séparation intelligente et bienveillante, le jugement, obligatoire pour les couples initialement mariés, est homologué par un JAF (Juge aux Affaires Familiales) et n’a aucun intérêt puisque ce jugement n’est appliqué qu’en cas de désaccords entre les parents. Vous me suivez ? Ok, cas B.

 

Cas B : je ne m’entends pas bien avec mon ex, mais c’est un père présent, impliqué et bienveillant avec les enfants (c’est bien pour les enfants, donc pour la mère)

Dans ce cas là, le jugement est LA solution.

Par contre, la rédaction de ce jugement devrait être l’oeuvre des parents dans le cadre sécurisé d’une médiation.

Les parents doivent savoir qu’ils peuvent rédiger leur protocole eux-mêmes pour ensuite le faire homologuer par le Juge en étant accompagnés par un médiateur, moi par exemple !

C’est légal, moins cher qu’un avocat, plus rapide et c’est surtout dans un sur-mesure familial.

Ainsi on évite le risque de l’aléa judiciaire, c’est à dire laisser le juge statuer à notre place et ne pas avoir la liberté et la responsabilité de choisir « in fine » les modalités du protocole.

Ne laissons pas le Juge décider de nos rythmes de vie à notre place !

Prendre la plume pour rédiger son protocole après une médiation évite une décision de justice perdant/perdant et favorise le gagnant/gagnant.

Au moment de l’homologation, le Juge garde une place prépondérante dans la sauvegarde du droit et il veille au respect de l’intérêt des enfants dans votre protocole.

 

Cas C : je ne m’entends pas bien avec mon ex et il est inconstant dans l’exercice de son DVH (bienvenue au club !)

Voilà le point qui réveille en moi une indignation et une rébellion.

Ces mères sont l’objet d’une prise d’otage légalisée, d’une privation de liberté depuis tellement d’années, d’enfermement social, professionnel et amoureux pour certaines.

Pour rappel, le D dans DVH, c’est pour Droit. En clair, cela signifie que le père a le droit d’accueillir ses enfants (selon les modalités définies dans le jugement), mais ce n’est pas un devoir. Le seul devoir d’un père est le paiement de la pension. Aujourd’hui en France, la seule obligation légale d’un père est d’avoir un lien financier avec ses enfants et non un lien affectif…

Des centaines, peut-être des milliers de femmes (je ne trouve pas de données officielles sur ce sujet) attendent chaque week-end la venue hypothétique d’un père, ou doivent composer avec une absence déjà annoncée tardivement et parfois instrumentalisée.

Comment peut-on maintenir les mères dans une situation d’esclavage moderne dont le seul objectif est de laisser à ces pères un droit qu’ils n’exercent qu’à leur gré ? Comment est-ce possible que certaines mères perdent leur droit fondamental de liberté, de carrière, de reconstruction,  au profit d’un DVH non fiable ? J’entends dans l’oreillette les faux-amis qui considèrent que d’avoir « gagné » la garde des enfants est un « bon pour silence et pour sacrifice. »

Ce DVH est un outil de CONTRÔLE et de POUVOIR, outil de pression ultime de ces pères-là.

Ce DVH non exercé est une assignation à résidence pour les mères.

 

Marlène Schiappa, pour les mères du Cas 3 :

Je vous demande une réforme du droit en matière familiale.

Je vous demande de nous aider à retrouver notre liberté et la dignité qui s’y associe.

Je vous demande qu’une commission de réflexion soit menée rapidement sur le changement d’un Droit en Devoir, afin, que ces pères-là, puissent être condamnés (jusqu’à la perte de leur droit de visite…?)

Marlène Schiappa, je vous demande audience.

#jesuisotage

 

Miss Utopie

 

 

2 réflexions sur “Prise d’otages : des mères assignées à résidence

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