Médiation, croyances et porte-couteaux

Sur le site de France Bleu Touraine, on peut y lire à la date du vendredi 22 mai dernier que deux garçons de 10 et 12 ans cherchaient à faire une cabane dans la maison familiale lorsqu’ils ont découvert un trésor, composé de deux objets non identifiés et non identifiables de prime abord.

J’imagine, que nos deux découvreurs ont dû utiliser leur sens, leur intuition, leurs connaissances et qu’après une longue observation de la couleur, de la forme, du poids, ils se sont convaincus qu’il s’agissait des porte-couteaux appartenant à leur grand-mère. 

Ils ont développé une croyance – vous savez, cette idée que l’on cultive et que l’on nourrit avec des éléments non vérifiés. 

Cette croyance est devenue leur réalité commune.

Nietzsche disait « La croyance que rien ne change provient soit d’une mauvaise vue, soit d’une mauvaise foi. La première se corrige, la seconde se combat. »

J’aime à penser que nos deux garçons ne sont ni aveugle, ni de mauvaise foi. 

Pour le sociologue Gérald Bronner*, nous devons composer avec un cerveau qui nous joue des tours. Il est donc normal d’avoir quelques difficultés à démêler le vrai du faux et à nous forger une opinion qui repose sur des bases solides. Ainsi, il est indispensable de remettre régulièrement nos croyances en question et d’apprendre à réfléchir avec méthode.

Nos croyances se nourrissent d’éléments qui vont dans le sens de notre « vérité », ça porte un nom, cela s’appelle un biais de confirmation (c’est aller chercher uniquement des arguments en faveur de notre pensée).

En médiation, le principe même du processus, c’est de ramener aux faits et de reformuler systématiquement les échanges importants afin de s’assurer de la bonne compréhension des messages. Exit les croyances et les imprécisions. 

Les faits ne mentent pas et réaccordent l’un à l’autre. 

Nos croyances, pour être les plus justes, doivent être remises en question, documentées, sourcées, pour devenir des faits, tout en laissant de côté les évidences.

La croyance devient une vérité lorsqu’elle est factuelle et qu’elle s’appuie sur des preuves et des arguments.

Perdre ses croyances peut être douloureux, c’est la raison pour laquelle nous sommes parfois réticents à les remettre en question.

Et pour en revenir à nos deux « robinsons », en lieu et place de ce qu’ils croyaient être des porte-couteaux, ce sont deux lingots d’or d’une valeur qui pourrait dépasser les 100.000 euros. 

Nos croyances pourraient-elles nous faire passer à côté des trésors qui jalonnent nos vies ?  

Allez, je pars chez ma grand-mère faire une cabane.

Je vous dis à très vite.

Miss Utopie

Une réflexion sur “Médiation, croyances et porte-couteaux

  1. trés pertinent et avec de l’humour ! oui il y a parfois des trésors à découvrir en changeant de regard sur soi , sur l’autre ou sur une situation…
    xxxx

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