Musique et Médiation

Aujourd’hui, c’est une chanson de Queen qui m’a inspiré, qui m’a donné le ton, le LA !

Sur la première mesure de la chanson « Time »  Freddie nous chante « Time waits for nobody” qui pourrait être traduit par « Le temps n’attend personne. » 

Les expressions « être dans les temps » ou « être à l’heure » se définissent par l’idée de ponctualité, d’une rencontre organisée à un moment, un instant précis, à un temps voulu.

En Provence, région dans laquelle je vis, le retard porte un nom : il s’appelle « le quart d’heure marseillais. »

Il est un acquis, une coutume, un temps de référence, un pré requis, un rite de rencontre.

Pour le compositeur américain Harold Rome « L’ennui avec la ponctualité, c’est que personne n’est jamais là pour l’apprécier.» 

Pour les musiciens, un décalage dans le tempo se dit « jouer derrière le temps » ou « au fond du temps ». Cet écart volontaire sort de la perfection rythmique tant attendue en musique classique.

En reggae, en soul, en funk, en pop, c’est précisément ce léger décalage, derrière le temps, qui donne à la musique, une interprétation vivante, humaine, unique et créative. 

Alors comment être « derrière le temps », sans se laisser distancer par le tempo ? En d’autres termes, comment être à son rythme, sans perdre l’autre ?

En médiation, notre métronome, c’est la maîtrise de notre communication verbale et non verbale. Le médiateur, est à la fois, chef d’orchestre, gardien du temps et boite à rythme. 

Lui aussi, n’est pas à l’abri parfois, d’un perte de tempo temporaire et de dissonances. Il doit, tout en respectant la mélodie (les parties), rythmer les échanges en utilisant le ton de la voix, les silences, les phrases rebonds, la posture du corps, le regard et la respiration.

Les expressions musicales sont très présentes dans le processus de médiation.

Quand les médiés entrent en médiation, il veulent toujours aller « plus vite que la musique. »

Au départ, il arrive que je rencontre des fanfarons, non pas des musiciens de fanfare mais plutôt des vantards. 

Quand la tension monte entre deux personnes, que le volume augmente, on vit  « une situation en crescendo. »

Les échanges s’animent :

« C’est du pipeau dit-il !

Qu’est-ce que vous me chantez, lui rétorque-t-elle ? 

Changez de disque ou de refrain, je connais la musique, flûte alors ! »

Et quand l’autre vient toucher la corde sensible, votre corde sensible, cela déclenche des trémolos dans la voix et une envie forte de mettre un bémol, vous savez, une objection protectrice.

Et enfin, après une pause, un soupir, les parties finissent par « se mette au diapason » pour trouver un accord gagnant-gagnant.

Pour Nietzche, « la vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil. »

Alors j’arrête de vous fatiguer, je pars chanter, 

A très vite,

Miss Utopie

Une réflexion sur “Musique et Médiation

  1. so the show must go on !
    a chacun de jouer sa partition pour etre dans l’Harmonie…
    Bravo, j’aime toujours autant ce ton incisif et drole!
    Armelle

    J'aime

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